Sur une pièce de lin blanc, une femme hmong trace des motifs à la cire chaude. Sa main avance d’un trait, sans dessin préparatoire.
Nous sommes à Lao Chải, près de Sa Pa, en décembre 2022. Parmi les voyageurs marocains que j’accompagne, une femme familière du travail de broderie et d’ornementation observe les motifs avec un intérêt particulier. Elle les compare à ceux qu’elle connaît dans son propre métier.

J’ai souvent proposé aux voyageurs d’essayer ce geste. Le principe paraît simple, mais tenir l’outil et tracer une ligne régulière du premier coup demande un véritable savoir-faire.
La cire protège les parties du tissu qui doivent rester claires. Viennent ensuite les bains d’indigo, répétés avec des temps de séchage entre les passages. Lorsque la cire est retirée, les motifs apparaissent sur le fond bleu.
Lors d’un autre passage à Lao Chải, en 2023, j’ai photographié des pièces de tissu teintes à l’indigo, suspendues le long de la route pour sécher.

Entre le tissu blanc et l’étoffe bleue, il y a plusieurs étapes. Mais je repense surtout à cette attention portée aux motifs par notre voyageuse marocaine. Un geste observé dans un village hmong faisait écho à un savoir-faire qu’elle connaissait déjà, de l’autre côté du monde.


