Derrière le métier à tisser

À Bản Đôn, dans la région de Pù Luông, j’ai pris l’habitude de m’arrêter devant une maison sur pilotis. L’endroit offre une belle vue et permet de découvrir une habitation traditionnelle thaïe.

Sous la maison, une femme travaille souvent sur son métier à tisser. Assise devant les fils tendus, elle fait passer la navette à la main, rang après rang. Elle invite parfois les visiteurs à essayer eux-mêmes. Je l’ai retrouvée ainsi au fil de mes passages.

Une femme thaïe travaille sur un métier à tisser traditionnel sous une maison sur pilotis à Bản Đôn, Pù Luông.

Chez les Thaïs, le tissage du coton est un savoir-faire ancien. Autrefois, les jeunes filles apprenaient à confectionner des pièces pour leur famille et leur mariage. Offrir à leur belle-famille un ouvrage réalisé de leurs propres mains témoignait aussi de leur savoir-faire.

Pendant longtemps, la maison est restée modeste, avec sa cour en terre et quelques animaux. En 2025, j’ai découvert une cour pavée, des installations sanitaires améliorées et un espace de tissage agrandi.

La famille m’a expliqué que les enfants travaillaient à l’usine et envoyaient de l’argent pour rénover la maison. Le tourisme apportait aussi de nouvelles possibilités.

La femme cultivait toujours ses champs. Pendant ses moments libres, elle fabriquait des écharpes, des chemins de table ou des couvertures, vendus aux visiteurs ou à des revendeurs. Sans chercher à vendre : chacun pouvait regarder, échanger et acheter s’il le souhaitait.

La maison avait changé, les usages aussi. Mais le métier à tisser était toujours là, transmettant un savoir-faire qui trouvait désormais de nouveaux débouchés.

← Tous les Carnets photo

Défiler vers le haut